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"Brasserie de Bel-Air"
Bière La Bergère
Installée à Saint-Bonnet-de-Bellac, en Haute-Vienne, la Brasserie de Bel-Air a de quoi surprendre. A sa tête, Didier David, 47 ans, n`était pas, a priori, destiné à embrasser la carrière de brasseur. Mais commençons par le début ...
Retour vers le passé
C`est en 1987 que Didier décide de créer son entreprise, il sera négociant en...vin. Travailleur, obstiné, il mènera ses affaires tambour battant. Il créera même plusieurs magasins sous l`enseigne "Les caves du Limousin", toujours présents aujourd`hui en Creuse, Corrèze et Haute-Vienne. Et comme si cela ne suffisait pas, notre homme est également agriculteur et éleveur... d`agneaux, vous l`auriez deviné !
Fin connaisseur en vins de Bourgogne, Bordeaux et autres terroirs vinicoles, Didier n`est pas pour autant indifférent a tout ce qui peut créer un plaisir, tant au niveau gustatif qu`à celui de l`esprit. Comment alors ne pas s`interroger sur la plus ancienne boisson au monde, présente sur l`ensemble des continents: la bière?
La réaction ne se fit pas trop attendre:
"Depuis de nombreuses années, la bière m`interpellait, souligne Didier David, j`étais, pour avoir eu l`occasion de les gouter, particulièrement attiré par les bières Belges, alors j`ais voulu en savoir plus" Et le pas fut franchi. Sa quête du Graal brassicole l`entraina dans les plus grandes - Et les plus petites - brasseries de Belgique. Oh, point de révélation, mais plutôt une confirmation.
"Je suis persuadé aujourd`hui que faire une bonne bière est plus compliquée que de faire certains bons vins. Le process est différent. La bière demande tellement de présence physique et mentale. Combien de brassins finissent à l`égout parce que vous avez commis une erreur. Ce métier vous apporte beaucoup mais sait aussi vous rendre modeste".
Une idylle est née. Pour Didier David, fabriquer de la bière devient une sorte d`obsession. Mais on ne s`improvise pas brasseur. Et ce n`est pas en visitant, les mains dans les poches, des brasseries, fussent-elles Belges, que le savoir-faire vous tombe tout cru au fond de la cuve... Didier l`a bien compris et décide de prendre le taureau par les cornes.
Le déclic
L`existence est une curieuse et fantastique alchimie (un peu comme la bière...). Apres avoir jeté son dévolu sur les brasseries belges, dont, nous l`avons vu, il affectionne particulièrement les bières, Didier prendra de nouveau son bâton de pèlerin brassicole pour partir à la rencontre des brasseurs français. Le Limousin est à deux pas de la région Poitou-Charentes et ses pas le mèneront à la brasserie des Gabariers à Cognac. C`est l`enchantement. Les cuves de brassage en cuivre, l`effervescence du lieu: "C`est vraiment comme cela que je m`imaginais une brasserie artisanale Française, confie-t-il avec un certain émoi. Je crois que le déclics c`est produit ici"
Il faut apprendre
Un personnage important va alors croiser la route de notre futur brasseur en la personne de Stéphane Tanguy. Ce dernier n`est pas inconnu des amateurs et des professionnels. Ingénieur en biochimie, brasseur passionné, le Breton s`est taillé une certaine réputation dans le milieu (parfois fermé) des professionnels de la bière. Notre futur brasseur Limousin fera appel a ses connaissances et ne sera pas déçu: "Stéphane est un type formidable. Il connait bien le marché et est intarissable sur la bière. Il m`a énormément apris, il m`a formé à la fabrication, m`a informe sur les différents matériels, a élaboré avec moi des recettes, m`a confronte au pire et au meilleur, a pris en compte mes idées, ma région, mes envis, mes besoins mais aussi mes limites".La formation de Stéphane Tanguy ne fit que confirmer la volonté de Didier David. Il a les informations, il sait que ce métier est difficile et exigeant mais il faut prendre une décision.
Il était toutefois loin de penser que quelques mois après la visite en terre Charentaise, téléphone allait sonner a Saint-Bonnet-de-Bellac. Allo. C`est Stéphane Tanguy, j`ais peut-être une information intéressante. La brasserie des Gabariers, pas très loin de chez vous, elle est a vendre et le matériel me semble tout a fait corresponde a votre projet...".Après quelques négociations, l`affaire fut faites...
Les mois de février, mars et avril 2008 seront nécessaires pour installer le matériel en Limousin. Le premier brassin verra le jour en juillet de la même année sous l`œil aguerri de Stéphane Tanguy et celui, beaucoup plus empreint d`émotion de Didier David. L`aventure peut commencer.
Et arriverent les bières
La brasserie est installée et se compose, entre autres, d`un générateur de vapeur permettant de chauffer l`eau (celle de la rivière Gartempe; le Limousin ayant le privilège de posséder des eaux d`une grande pureté), d`une salle de brassage de deux cuves superbement recouvertes de cuivre et chacune d`une capacité de 12hl, de quatre tanks de fermentation de 25 hl et d`un de 15 hl permettant également la garde de l`ensemble des bières produites.
Notons dans un premier temps, la brasserie de Bel-Air sous traite la mise en bouteille mais prend en charge son étiquetage.
Didier travaille en fermentation haute et garde ses bières au froid (jusqu`a 0°c) durant environ trois semaines.
Commençons le défilé de mode. Toutes de fermentation haute, non filtrées, les bières de la brasserie Bel-Air sont conditonnées en 33 et 75 cl pour la blondeà 5° de type Pils, la dorée à 6,5° et l`ambrée 6°. Et, en bouteilles de 33 cl, la brasserie développe également une blanche (5°) et une brune (6°). 2009 fut, pour notre brasseur, une année de formation et d`observation. Les consommateurs semblent avoir été séduits par ces bières Limousines pour le plus grand plaisir de son géniteur qui, bien sur, a tout de suite adopté le nom de la "bergère" pour l`ensemble de sa gamme. Bon sang Limousin ne saurait mentir !
Bien sur, et Didier David le sait bien. Dans ce métier il faut faire ses preuves. Même si notre brasseur Limousin est au tout début de son expérience, l`avenir semble prometteur. Lors d`une foire régionale à laquelle il participait, il eut la surprise de voir arriver sur son stand Jean Michard (brasserie Michard a Limoges) qui, aujourd`hui en semi-retraite, - sa fille Julie ayant repris, et avec succès, les rênes de l`entreprise familiale - demeure un des précurseurs emblématiques des brasseries artisanales Françaises. Didier frissonne lorsque celui qu`il considère comme un grand professionnel, un modèle, lui demande de déguster ses bières. A ce moment-la, le brasseur Limougeaud ne sais pas encore que Didier David l`a reconnu. Le brasseur de Bel-Air a le teint pale et reste suspendu aux lèvres de celui qui va commenter son travail. Jean Michard le regarde et le verdict tombe: "Vous êtes sur la bonne voie" rétorque celui pour qui la bière est devenue une agréable complice. Un sourire s`épanouit alors sur le visage de Didier David...
Bière Magazine Philippe Clédat
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